Situation

En remontant l’Allier, passés le Vieux Vichy et la source des Célestins, s’étend le quartier de France. A quelques pas du cœur de ville, remarquable par ses villas alignées au cordeau, il éclot, au début du XXe siècle, en plein essor du thermalisme. Calme et volupté pourraient être la devise de ce quartier résidentiel dont les habitants jouissent des plaisirs bucoliques du parc des Bourins.

Des travaux d’endiguement et d’assèchement de terrains en amont de la rivière ont permis la naissance du quartier de France qui s’est développé durant les années 30. Il se caractérise par sa double physionomie. L’une, architecturale avec sa mosaïque de coquettes villas. Certaines d’entre elles servaient de résidence d’été aux musiciens de l’orchestre du Grand casino (Opéra). La diversité de styles s’exprime selon l’imaginaire des architectes et des attentes des commanditaires. Il était courant qu’un architecte construise sa villa pour en faire sa vitrine publicitaire... Strié de rues parallèles et perpendiculaires, ce quartier témoigne de l’évolution urbanistique quand on le compare au Vieux-Vichy avec ses ruelles sinueuses.

La physionomie paysagère du quartier de France s’exprime avec le parc des Bourins. L’échange est naturel entre les deux espaces. Car une dizaine de rues, siglées des noms de régions de France : Flandre, Touraine, Languedoc, Normandie, Aquitaine… s’ouvrent sur le parc. Aménagée sur l’ancienne presqu’ile du pré Catalan. Cette géographie urbaine incite les habitants du quartier à pénétrer, en quelques pas, dans ce havre paysager bordant l’Allier.

La Compagnie fermière confia aux paysagistes concepteurs du golf, l’aménagement d’un parc de 8 hectares. Il s’étire le long de l’avenue de France jusqu’au club de l’aviron. Ses allées et pelouses sont émaillées de conifères et de feuillus : séquoias d’Amérique du nord, mélèze, pins japonais, sapins bleus, cèdres, platanes... Mais aussi d’essences rares ou remarquables : hêtres pourpres ou pleureurs, chênes d’Amérique ou de Kabylie. Plus d’un siècle après son aménagement, cette étendue verte et harmonieuse, en bordure du lac d’Allier, abrite 591 arbres. Des générations d’enfants se sont égayées et s’égayent encore sous leurs ombrages.

Le kiosque serait inspiré des pavillons des jardins orientaux. De forme octogonale, sa ferronnerie s’épanouit en frises de rosaces polylobées qui relient huit colonnettes. Sur son garde-corps, on observe, au lieu des traditionnelles portées de musiques, des ornements végétaux d’où se déverse un jet d’eau en fonte moulé. Inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, et rénové entre 2005 et 2009, la musique y rayonne à nouveau lors d’évènements organisés par la Ville ou lorsque des quidams y jouent de la guitare ou testent sa qualité acoustique en chantant a capella. Sous son dôme, des amoureux y tissent aussi leur mélodie.

Au fil des ans le quartier s’est un peu délesté de son ambiance de village, pour celle d’un quartier résidentiel. Au point d’inspirer l’écrivain, Denis Tillinac, très attaché à Vichy, ce propos lapidaire : "Quartier où l’on fait la sieste à perpétuité...". Si les retraités originaires de Vichy ou d’ailleurs s’y installent pour le cadre de vie, les actifs sont friands de ces villas, à deux pas du parc des Bourins, terrain de jeu favori de leurs enfants. Fin juin, il réunit tout ce beau monde dans le cadre d’un pique-nique géant. Ces agapes, sur nappes à carreaux Vichy, attirent chaque année de plus en plus de convives.

A toute heure, du printemps à l’automne, toutes les générations apprécient une pause au Tahiti Plage. Dans ce lieu de vie temporaire, mais attractif, il est bon de se la couler douce sur la longue terrasse ombragée, amarrée au bord du lac d’Allier. Sur la rive très fréquentée, bandes de canards, amateurs de course à pied, rameurs ou clientèle du Tahiti Plage côtoient souvent des pêcheurs concentrés sur leurs prises. Une image d’Epinal que confortent deux clubs : la boule lyonnaise et la pétanque. Très actifs, ils redonnent du tonus à l’ambiance village du quartier...

Sur place