L’espace urbain et paysager de la rotonde et du quai d’allier symbolise le rapprochement entre la cité thermale et sa rivière. Si la création des digues remonte à napoléon III, d’importants aménagements et restaurations successifs (lac d’allier, promenades sur berges…). Réalisés depuis, identifient ce site comme celui que les promeneurs ont plaisir à fréquenter en toute saison. De la rive droite, le regard s’évade sur les ondes du lac, où embarcations et mouettes s’égaient. Le flâneur y admire aussi la série
de belles demeures qui surplombent cet environnement balnéaire. Une enclave de la cité thermale entre eau, verdure et plage de sable.

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LE LAC D’ALLIER 100 HECTARES DE DISTRACTIONS

Sauvage et capricieuse l’Allier, a plus d’une fois exprimé ses débordements à Vichy, lors de crues mémorables. Sous Napoléon III, l’ingénieur Radout de la Fosse va créer une digue sur la rive droite pour calmer l’intempestive rivière. Car trop d’eau nuit. Les marais stagnants envahissent l’atmosphère d’une « odeur viciée », contraire au bien-être des curistes et les zones inondables sont autant d’espaces perdus pour la construction. Cette première étape d’endiguement en 1862, suivie de bien d’autres, contribue à la métamorphose urbaine de Vichy. Elle permettra notamment le développement du quartier Thermal et la réalisation des parcs. S’ensuit la construction d’un barrage à aiguilles qui perdura jusqu’en 1962. Pourtant dès 1913, devenu vétuste, il est envisagé un nouvel ouvrage pour le remplacer. Le projet resurgit dans les années 30. Vichy désire créer un bassin digne de son essor et de ses milliers de visiteurs. Mais, une fois encore, le chantier ne peut se réaliser faute de financement. Vichy doit donc patienter jusqu’en 1957, où Pierre Coulon, « un maire visionnaire, sportif et dynamique » déclenche une série de grands travaux dans la cité thermale, dont le pont barrage et sa route avec la réalisation du lac d’Allier. À l’automne 1962, exit le barrage à aiguilles et la passerelle des Courses. Construite en aval du barrage à aiguilles par la Société des courses, en 1902, elle servait de passage pour accéder à l’hippodrome. Les Vichyssois et curistes aimaient y stationner pour admirer les fêtes nautiques ou les feux d’artifice. La démolition de cette passerelle, réalisée en fer avec les matériaux provenant du Chemin de fer électrique de l’Exposition universelle de 1900, a soulevé quelques protestations. Mais, avec la configuration du lac, elle interdisait le passage de bateaux

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UN RÊVE VIEUX D’UN SIÈCLE

Ce chantier d’envergure du pont-barrage et du lac d’Allier va dessiner la nouvelle physionomie de Vichy inscrite dans le « grand livre d’or de la ville ». Cinq ans après les premiers coups de pioche en 1958, le 10 juin 1963, le député maire Pierre Coulon « pressait la commande électrique des vannes et quelques jours plus tard le barrage était en eau… un rêve vieux d’un siècle venait de se réaliser. » Le barrage est composé de sept vannes de 30 m de long, pesant 40 tonnes, chacune. Le lac d’Allier miroite désormais fièrement sur 4 kms en amont du barrage, sur une superficie de 100 hectares. Il aligne une ligne droite appréciée des rameurs sur 2 500 m entre le pont de Bellerive et le pont-barrage (pont de l’Europe). Dans la foulée de ce chantier d’envergure du lac d’Allier, sur sa rive droite s’ancrent La Rotonde du lac et le Yacht Club qui propose voile, ski-nautique, paddle ou wake-board, etc. Sur sa rive gauche une marina pour les embarcations, la tour des Juges et le Centre omnisports avec son parc de loisirs et de sports de 120 hectares.

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Inauguré par Maurice Herzog, secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports en septembre 1963, le lac d’Allier fut alors la scène ondoyante des championnats du Monde de ski nautique en septembre 1963 avec 25 nations représentées. Il devint ensuite le théâtre récurrent de joutes nautiques : régates, ski nautique, dont les championnats d’Europe d’aviron en 1967, jet ski, etc. Outre les fêtes nautiques, des compétitions sportives se déroulent sur les rives du lac (courses, marathon, triathlon, Ironman etc.). Dans ce décor idéal la Ville a perpétué les feux d’artifice du 14 juillet et du 15 août où des milliers de spectateurs retrouvent leur regard d’enfants sous les feux qui irisent le bassin.

Le lac d’Allier a métamorphosé la cité thermale, offrant un espace de loisirs de détente et de sport dans un cadre idyllique où des générations se côtoient. Elles déambulent à pied, à trottinette, en rollers, à vélos, chaussées de baskets pour les plus performantes, ou en Rosalie, etc. Sur ses rives, il est courant d’entendre : « on fait le tour du lac ». Chacun à son rythme : flânerie ou comme certains en défiant le chrono. Le quai d’Allier et la Rotonde demeurent le point de départ de ces balades qui s’agrémentent du plaisir, toujours renouvelé, des points de vue variés quand on circule de la rive droite à la rive gauche. La rivière sauvage maîtrisée glougloute d’aise, sa retenue déployant des trésors de bien-être sur ses rives. De plus, elle peut renouer avec sa fougue et ses envies de liberté après le pont barrage. Mais sa largesse ondoyante et calme attire les promeneurs comme un aimant. Sur sa rive droite ont éclos de nombreuses villas et des résidences de standing comme le Palm Beach, le Saint- Tropez, la Résidence du Lac… dont les terrasses, osons le cliché, offrent une vue imprenable, sur le lac d’Allier.

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LA ROTONDE, UN « NAVIRE » ANCRÉ À QUAI

S’il est un site qui sert de repère aux Vichyssois comme aux visiteurs, tel le phare d’une ville maritime, c’est bien la Rotonde du lac. Ce bâtiment circulaire monté sur pilotis, en avancée sur le plan d’eau, au design très années 60, disposait à l’origine d’un « restaurant de grande classe », d’un bar et d’un solarium répartis sur trois niveaux. Inaugurée en 1964, La Rotonde, remarquable par sa silhouette originale, a fermé ses portes en 2005 mais retrouvé une seconde vie, en 2009, grâce à un chantier de restauration d’une grande ampleur menée par la Ville, inscrit dans le projet d’aménagement de l’esplanade du lac d’Allier. Ce « navire » remis à flots est dirigé par deux capitaines : la toque Marlène Chaussemy et Bruno Cassard, gestionnaire, séduits par cet emplacement exceptionnel. L’habillage acajou du bâtiment circulaire, accessible par des pontons couverts de voiles blancs, abrite un restaurant gastronomique, à l’étage et une brasserie à fleur d’eau agrémentée d’une terrasse de 300 m2 surmontée de lames brise soleil. La brigade de la Table de Marlène aime éveiller les papilles avec de nouvelles saveurs et travailler des produits de saison.

En amont de la Rotonde, le Yacht club et son port pour voiliers. Le tintement des mâts et les cris des mouettes résonnent comme un appel du large. En aval, un transport fluvial gratuit permet de traverser le lac, en été, pour rejoindre en face la rive gauche et l’hippodrome. Le bac Le Cygne des années soixante, puis le bateau de plaisance Le Moineau de Vichy ont été remplacés par La Mouette. A son bord, même si la traversée est brève, l’imagination fait le reste. Cette atmosphère maritime se concrétise avec un ballet d’Optimists sur le lac et une première plage de sable située, en contrebas de la Rotonde, où bruissent les cris joyeux d’enfants, toujours tentés de patauger dans l’eau. Après la plage, les planches, puis une allée sablonneuse, le long des berges, mène jusqu’à la plage des Célestins.

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QUAI D’ALLIER : DES DEMEURES AVEC VUE

Après avoir quitté les planches de l’esplanade et la Rotonde, le promeneur aborde le quai d’Allier qui mène au parc Napoléon III. Des villas remarquables, avec vue sur le lac, se serrent sur cette voie, de petite longueur. La plus spectaculaire, la Villa du docteur Maire, de style néogothique est située au N°11, à l’angle de la rue du Golf. Signée de l’architecte Samuel Henriquet, en 1912, elle en impose avec sa tour d’angle, ses six niveaux, ses fenêtres à meneaux, ses gargouilles, loggias et balcons. Devenue une copropriété, façades et toitures sont inscrites à l’inventaire des Monuments historiques. D’autres villas moins ostentatoires, de la fin duxixe et du début du xxe siècle, restaurées pour la plupart, participent au cachet balnéaire de ce quartier.
Une incursion dans les deux rues transversales, confirme cette atmosphère. Rue du Golf avec la Villa Tsarine, ancien hôtel Magenta, ornée de balcons forgés et de céramiques sur sa façade dans la veine ornementale des années 1900. Dans l’ancienne avenue des Cygnes, en référence aux oiseaux d’ornement du parc
Napoléon III, devenue rue Walter Stuki en 1994, du nom de l’ambassadeur suisse qui a évité à la ville d’être détruite, s’alignent une dizaine de villas. Leurs styles architecturaux très différents s’harmonisent avec leurs noms : « Les saules », « François 1er », « Transvaal », « les Origans », « Théo-Kate », « les Turquoises ». Cette dernière construite en 1896, a hébergé le consulat du Venezuela et du Nicaragua en 1914. L’ancien hôtel des Pyrénées est désormais transformé en appartements. Et, la villa à l’angle du quai d’Allier et de la rue Stucki, construite, en 1934, par l’architecte Pierre Lefort, fut la résidence de l’amiral Darlan.

Au terme du quai D’Allier, s’ouvre l’allée du parc Napoléon III qui surplombe la digue. Aux beaux jours, la foule des flâneurs chemine dans le parc ou le long de la berge du lac, sur un cheminement sablonneux, où des cubes blancs hébergent les guinguettes.