Vichy, une invitation permanente à la promenade : ses parcs, son lac, ses établissements thermaux, mais aussi ses villas. Une image d’Épinal ? Non, un régal pour les yeux que ce patrimoine architectural qui s’affiche sans ostentation. C’est le témoignage des bâtisseurs de la fin du XIXe et début du XXe siècles qui ont investi savoir-faire et imaginaire dans ces habitations Belle Époque. Sans conteste la beauté de leur impermanence laisse rêveur. Il faut s’offrir cette remontée dans le temps où « la vogue des villas pour les buveurs » est source d’une fièvre bâtisseuse croissante de 1890 à 1914. A deux pas du coeur de ville et de ses bâtiments emblématiques, Vichy DestiNations vous invite à une balade dans les rues de Longchamp et Saint-Dominique.

Promeneurs qui déambulez dans le quartier thermal, quittez l’avenue Thermale ou la rue Jean-Jaurès pour musarder dans les rues de Lonchamp et Saint-Dominique, à proximité du Grand marché. Leur existence est due à la fièvre bâtisseuse. La rue Saint-Dominique fut incluse à la voirie municipale en 1895, à la demande de ses propriétaires riverains. Au n°7, a vécu de 1945 à 1967, Pierre Coulon, maire emblèmatique et visionnaire de Vichy.

Comme dans les autres quartiers de la ville, les villas ont été érigées à l’initiative de médecins, d’architectes ou d’hommes d’affaires, de curistes fortunés qui contribuèrent ainsi à enrichir le patrimoine immobilier de la Reine des villes d’eaux. Le point commun de ces demeures : séduire pour être louées aux habitants saisonniers venus prendre les eaux ou être une carte de visite de leurs commanditaires. Leur élévation se bâtit toujours dans le souci d’afficher son statut social et l’affirmation de ses goûts architecturaux. La variété des styles n’oblitère pas « des équipements modernes essentiels : eau courante, tout-à-l’égout, gaz ou électricité, mais pas le chauffage central, le plus souvent jugé inutile, puisque les locations sont essentiellement estivales » comme l’explique Fabienne Pouradier-Duteil, dans son ouvrage Villas de la Belle Epoque l’exemple de Vichy. Un matériau domine dans les rues de Longchamp et Saint-Dominique : la brique. Des architectes inspirés par le style flamand l’ont utilisée pour sa dominante colorée mais le plus souvent comme enduit plus qu’à l’état brut.

Villa Yvonnette

26, rue de Longchamp
Antoine Chanet, 1899

Jeune architecte, diplômé de l’École des Beaux-Arts, Antoine Chanet vient
de terminer l’édification du Castel Flamand (rue de Belgique) lorsqu’il construit sa propre villa, 26, rue de Longchamp, qui abrite également son cabinet. Il lui donne le nom de sa fille yvonnette et choisit le style antique.

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La villa sur quatre étages déploie, sous sa toiture en ardoise, une façade en brique, percée de larges baies s’ouvrant sur « d’imposants balcons à balustrades doriques qui reposent sur des consoles à volutes. » La figure antique et tous les éléments sculptés de la façade ont été réalisés par Julien Fugier, sculpteur vichyssois. L’architecte avait doté sa demeure de cheminées et d’un chauffage central à air installé dans le sol de chacune des pièces. quant à la décoration intérieure elle se compose de trophées de fleurs et d’instruments de musique qui ornent la salle à manger ; les vitraux, dont ceux du bureau de l’architecte, sont ornés de roses et de glycines ; ceux du jardin d’hiver, ouvert sur le jardin, sont décorés de guirlandes et d’aubépines influencés par l’Art Nouveau. Antoine Chanet a résidé dans cette villa jusqu’en 1929 et la vendit en 1934. Elle est inscrite à l’Inventaire des monuments historiques depuis 1992.

Villa clochette

28, rue de longchamp
Teysseire, 1899

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Peter Pan aurait pu se cacher dans cette villa de style régionaliste néo-normand. On remarque sa façade avec ses pans de bois et de brique et son jeu de toitures.

Villa

32, rue de longchamp
Décoret, 1895

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Cet architecte a réalisé neuf villas de style différent. Celle de la rue de Longchamp se distingue par son style néo- médiéval et son décor sculpté de figures humaines et têtes d’animaux.

Villa Petit

3, rue saint-dominique
Paul Martin, 1899

L’architecture de style néo- flamand s’exprime sur le pignon et la façade montée en pierre alternant, par assises, avec
la brique

Villa sans-souci

5, rue saint-dominique
Ernest Driffort, 1897

A remarquer sur sa façade les croisillons de briques émaillées jaunes et noires sur fond de brique naturelle.

Villa la folie

7, rue saint-dominique
Gustave Simon, 1912

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Sur la façade, un enduit peint de fausse brique en alternance avec de la pierre. A signaler, sa poivrière néo-médiévale et son vitrail Art Nouveau orné d’iris et d’élégantes courbes.

La musardière

10, rue saint-dominique
Antoine Chaux , 1912

Construite par Antoine Chaux pour son usage personnel,
elle est l’une des dernières à être érigée rue Saint-Dominique.

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Il y installe son cabinet d’architecte au rez-de-chaussée, côté jardin. La façade est composée d’un pavillon d’angle recouvert d’un toit en pavillon. L’ornementation diffère selon les ouvertures. On peut observer une scène sculptée encadrée de pommes de pins, où une muse pensive assise tient un livre ouvert sur les genoux et un compas à la main. A l’intérieur des vitraux Art Nouveau dessinés par l’architecte. Dans la salle à manger des boiseries de style Louis XVI et un plafond à rosaces. Chaque pièce était équipée d’une sonnette, reliée à un tableau central vers la cuisine pour appeler les domestiques.

Castel Vichyssois (ancien castel mauricien) et Villa Saint-Dominique

17 et 19, rue saint-dominique
Antoine Percilly, 1899

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Ces deux villas inspirées de la Renaissance française sont une commande de l’entrepreneur Albert Guelpa. On retrouve des similitudes : toits en ardoise à grande pente ; lucarnes à frontons ; pilastres à losanges autour des fenêtres ; garde-corps en pierre sculptée et une frise court sur l’entablement. Albert Guelpa résidait villa Saint-Dominique et louait le castel plus spectaculaire avec son entrée par une tour-porche. Au n°19, la frise de grès émaillé est ornée de motifs floraux.

Villa PrimaVera

20, rue saint-dominique
Henri Décoret, 1897

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Architecture de style néo- médiéval marquée de figures humaines et têtes d’animaux : lion, chien, loup grotesques. Autour de la porte d’entrée : bustes de flûtistes et d’accordéonistes.

Little Cottage et Villa la Hutte

24 et 26, rue saint-dominique
Gustave Simon, 1898

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Natif de Deauville, l’architecte a réalisé plusieurs constructions de style normand, dont ces deux villas jumelles, le pavillon du Golf et le chalet de la Compagnie fermière. Gustave Simon résidait villa La Hutte qui en était sa vitrine publicitaire. Les caractéristiques de ces deux villas de style régionaliste néo-normand : pans de bois et brique.

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