A Cusset, on peut visiter des souterrains. Mais, en sont-ils vraiment ? Pour le savoir il nous faut remonter au Moyen âge.

L’imaginaire cussétois leur donne le nom de souterrains. La réalité historique bouscule cette croyance-là. Il s’agit en effet des galeries « ras de l’eau » de fortifications construites sous Louis XI, entre 1476 et 1483. La ville royale de Cusset servait de base aux armées françaises contre la Bourgogne, alors alliées aux Anglais. Vauzy de Saint-Martin, originaire de Montluçon, conçoit cette architecture militaire et en fait un véritable prototype de la fortification moderne dont les principes seront appliqués jusque sous Louis XIV.

Comment ces galerie sont-elles devenues souterraines ? Les fortifications ont été démolies à partir du XVIIe siècle, sauf deux portes sur quatre. Subsistent celles de Doyat et Saint-Antoine ainsi qu’une tour sur les quatre existantes : la tour Prisonnière.

Avec le comblement des fossés des fortifications, les galeries se sont retrouvées enterrées. Oubliées depuis la Seconde guerre mondiale, elles ont été déblayées, à l’ini- tiative des Amis du Vieux Cusset, par des chantiers de jeunes dès 1990. Mais le terme de souterrains demeure, car pour les visiter, il y faut pénétrer par un escalier qui ne date pas du Moyen âge mais de 1943. Ce dernier fut construit pour accéder aux galeries pouvant servir d’abris en cas de bombardement.

Que révèlent ces anciennes galeries in situ ? On y accède par la porte de Doyat. Ces galeries moyen-âgeuses sont bâties en calcaire de Baraban et basalte gris du Mont Peyroux. De solides matériaux extraits des carrières du Vernet et de la Montagne Bourbonnaise. La force de cette fortification résidait « en une combinaison d’obstacles pour l’assaillant : pont-levis, galerie de contre mine, herse, cour anglaise, fossés alimentés par le Sichon… », et, en ses six canonnières dites « à la française » construites en « X » pour « ne pas affaiblir les murs et offrir un meilleur angle de tir. » En 1943, la canonnière de la porte de Doyat a été détruite pour percer un étroit passage permettant d’accéder au Cours Tracy.

Ces galeries révèlent les traces de glissière de herse, de la dizaine de meurtrières et d’autres canonnières intactes. On peut imaginer des hommes d’armes en faction près des canons, en train de faire rouler d’énormes barils de poudre par une rampe située près de l’escalier à vis. Mais l’imaginer seulement. Les voûtes ne sont même pas noircies par les torches des soldats. Ces fortifications n’ont jamais servi. Après sept années de travaux royaux qui coûtèrent des milliers d’écus, la Bourgogne revient dans le giron de la France et la paix s’installe. Le musée de la Tour prisonnière, installé dans l’unique tour rescapée, propose des visites guidées de ces galeries-souterraines.

Musée de la tour prisonnière

Rue des Fossés de la tour prisonnière. Ouverture du 2 juin au 16 septembre, les week-ends de 14 heures à 18 heures et tous les jours en été, de 14 heures à 19 heures. Tél. 04 70 96 29 17.

Plein tarif : 5€ Tarif réduit : 4€ (étudiants, – de 18 ans et détenteurs du Pass’Allen) Tarif réduit : 3€ (pour les groupes uniquement à partir de 10 personnes) Gratuit : – de 10 ans, scolaires et étudiants de Vichy Communauté et pour les détenteurs du Pass’ Agglo

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