DE SA FORGE INTÉRIEURE SONT SORTIS HUGO, PABLO ET SPARROW, CES PERSONNAGES LEGO EN ACIER QUI INCARNENT SON INEXTIN- GUIBLE SOIF DE CRÉER. RENCONTRE AVEC MATHIEU CARMIÉ.

Certaines personnes ont un don spécial. Elles savent déceler la grâce étonnante dans ce qui, à nous qui sommes aveugles, semble trivial, sans intérêt, voire rebutant. Mathieu Carmié, lui, voit. Il est de cette trempe : un talent brut, comme habité par un feu, comme attisé par le besoin incessant de se lancer des défis, d’avancer à coups de challenges.

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De sa forge intérieure sont sortis Hugo, Pablo et Sparrow, ces personnages Lego en acier qui incarnent son inextinguible soif de créer. La même que celle qui nous éprouvions, lorsqu’enfant, après avoir ouvert religieusement une boîte de briques multicolores, pour un instant fugace, tout était possible.

L’enfant a grandi et ses rêves avec lui. Sûr qu’avec 127 cm sous la toise pour une cinquantaine de kilos, ces bonhommes ont fait le buzz jusque dans la firme danoise. Mais ce serait réducteur de l’enfermer dans cette Lego mania. C’est un chasseur cueilleur de la beauté du monde qui saisit les opportunités comme elles se présentent, si elles se présentent. Entre le grand bricoleur de génie et l’artisan d’art ingénu, il ne sait pas, il ne veut pas choisir et dans son atelier en Montagne bourbonnaise,

PARFOIS L’HOMME RESTE AIMANTÉ À SES CRÉATIONS QU’IL NE PEUT SE RÉSOUDRE À VENDRE, COMME CES GUITARES DANS LESQUELLES ON SENT QU’IL A MIS TROP DE LUI-MÊME POUR S’EN SÉPARER.

il recycle, mieux il réenchante le métal en mobiliers, luminaires et autres objets qu’on répugne à qualifier du quotidien. Parfois l’homme reste aimanté à ses créations qu’il ne peut se résoudre à vendre, comme ces guitares dans lesquelles on sent qu’il a mis trop de lui-même pour s’en séparer. Car s’il détourne, l’homme ne triche pas, ne s’économise pas. Il a choisi de s’engager sur un chemin incandescent comme une coulée de haut fourneau, en équilibre sur une via ferrata, sans ligne de vie.

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D’ailleurs quand nous l’avons rencontré, il était au repos forcé suite à un accident d’escalade (qu’il pratique, comme le reste, sans modération) et nous avons bien senti que cette immobilité lui pesait : ne plus pouvoir se balancer au-dessus du vide suspendu à la falaise, ne plus pouvoir se passer des disques sur sa meuleuse, rien pour cracher le feu, que dalle pour polir le mental.

En le quittant nous lui avons souhaité de se remettre (à créer), vite. C’est désormais chose faite.

Reportage de France 3 sur Green Workshop (16min18)

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