Julien DuriX

Dans son comic strip

A 27 ans, seulement le Vichyssois Julien Durix est un surdoué du pinceau, hyperactif de l’acrylique. Enfant, il est tombé dans la peinture, poussé dans le pot par des figures familiales artistes, elles aussi.

Sa route paraissait tracée et pourtant on a bien failli le perdre quand, à l’âge des choix, il s’est mis en quête d’un « vrai métier ». Par bonheur, les plans sérieux ayant foiré, il a misé sur les trois tableaux qu’il avait d’avance et les bons numéros sont sortis. La vie est un jeu, c’est pour ça que les gosses ont des facilités. Julien Durix est un gosse qui s’amuse. Et le kid a la cote : les galeries Bartoux qui l’ont signé sur le tôt l’exposent sur les champs de Paris, les plages de Normandie et les pistes de Courchevel, mais aussi à Singapour, New-York… Au catalogue, il côtoie en toute simplicité les Chagall, Warhol, Picasso…

DSCF8181

Lorsqu’on lui demande quels astres illuminent son univers, il cite quelques classiques, puis Banksy et JonOne. Et de fait, sa peinture synthétise le sens de l’absurde situationnel du premier et la dimension chromatique du second. Illustrant les mêmes influences, elle combine le noir du Street Art et les couleurs Pop Art d’Andy Warhol ou d’un Roy Lichtenstein.

Les thèmes sont transgressifs sans parti-pris et irrévérencieux, sans violence. Ils empruntent aux codes esthétiques de l’après-guerre et des sixties, confrontent légèreté et gravité, organisent les rencontres improbables de Charlot et de Mickey ou de Popeye et de Mohamed Ali, voire hybrident les icônes, comme Marilyn en Joconde ou Obama en Superman. Si précoce soit sa carrière, l’accélération a été brutale. Mais l’orbite se dessine et avec elle (plusieurs fois) le tour de la planète.

LE JARDIN DE SIMPERT

Les différents états de la matière

La trajectoire de Valérie Marquet ressemble finalement à la façon dont elle coupe le cuir : pas de lignes brisées, mais une douce sinuosité qui révèle l’esprit du geste. Son accent lui-même est un méandre du cours de sa vie. De vraies dispositions en faux départs (et quelques heures de formation plus tard) sa passion pour la reliure débute dans la restauration, près des bouquinistes, dans les Alpes de Haute-Provence. Rencontre avec le cuir et le papier, deux matières qui partagent la même sensualité, qui appellent la même créativité, et que décrit le même vocabulaire : le grain, la coupe, la feuille… Entre deux restaurations, elle crée ses premières reliures : le naturel refoulé refait surface, l’objet né de ses mains s’impose comme une évidence. Elle se consacrera désormais à la création de cahiers : cahiers de recette du bonheur, cahiers de liaisons dangereuses… Et aussi de carnets : carnets de voyages sans retours, carnets de correspondances hasardeuses… Et encore d’albums photos, de répertoires, de livres d’or…

DSCF7556

Ce nouveau virage, elle le prendra d’abord en Vendée, où son GPS intérieur lui énoncera la sentence cathartique : « faites demi-tour dès que possible ». Encore un virage, en forme de rebond cette fois, en Auvergne. Elle tombe amoureuse de Vichy et de la galerie de la source de l’Hôpital, un lieu qui inspire follement. C’est là, dans son atelier-boutique que Valérie Marquet cultive avec éthique et constance son Jardin de Simpert. Mais voilà que déjà une nouvelle inflexion se dessine : la maroquinerie…

Ouvert du mardi au dimanche, de 14h30 à 19h. www.lejardindesimpert.fr

Atelier Angus

Être unique c’est un métier !

Inévitablement issue des beaux-arts et évadée d’un CDI, Clotilde Jacquet est parvenue à extérioriser son univers de motifs créatifs aux couleurs acidulées, en le peuplant de bestioles —comme elle les nomme— gentilles et poétiques. Ce bestiaire imaginaire s’incarne en doudous, bavoirs, étuis à dents de lait… et autres articles destinés à rendre les garçons neuneus et les ladies gagas.

DSCF5221

Clotilde est atteinte de la maladie des 24 heures qui frappe cruellement des sujets dans la force de l’âge. Comme son nom l’indique cette pathologie foudroyante évolue en une journée : le matin, pas de chance, vous avez une idée (c’est le premier symptôme) et le soir, patatras, vous êtes en phase terminale : vous l’avez concrétisée, quels que soient les affres de la création que vous ayez dû endurer. Ce besoin maladif de créer a donné naissance à l’atelier Angus, dont le nom ne vient pas, comme on serait tous primitivement tentés de le croire, d’une façon étrange de se déplacer à cloche-pied en tapant le talon opposé sur le sol à chaque pas, tout en rudoyant une Gibson SG. Non, Angus, figurez-vous, est en l’espèce un prénom écossais qui signifie l’être unique. Uniques comme ses (très) jeunes clients, uniques comme ses créatures, unique comme Clotilde !

www.atelier-angus.fr