Les nouveaux parcs sont le rendez-vous de tous ceux qui, aux manifestations de la vie élégante, préfèrent les longues rêveries et la méditation silencieuse en face de vastes horizons. Cette invitation poétique résonne toujours pour le promeneur actuel des parcs Napoléon III et Kennedy. À leurs qualités bucoliques s’ajoutent celles d’un eden ludique pour les enfants, les sportifs, les nombreux cyclistes ou les coureurs à pied. Le pont de Bellerive, lui, separe les deux parcs conçus comme « un croissant boisé » en bordure de l’allier.

Alors que de nombreuses villes s’échinent à redonner place aux espaces verts, Vichy,ville d’eaux, dès la fin du XIXe avait déjà sa « ligne verte », entre la rivière et le cœur de ville. Pour tenir son rang de cité thermale, elle a offert aux curistes des espaces où déambuler en toute sérénité. Ainsi, en 1861, fut créé, le parc Napoléon III, grâce à la construction d’une digue, sur l’emplacement d’un bras secondaire asséché de l’Allier. Le plus ancien des parcs s’étire le long du boulevard des Etats-Unis et aujourd’hui, une longue allée surplombe le lac avec vue sur le golf. Ce projet d’envergure dirigé par l’ingénieur Jean-François Radoult de la Fosse a nécessité 250 000 m3 de remblais. La conception paysagère, d’influence roman- tique anglaise, est confiée à un horticulteur moulinois, Joseph Marie. Encore une fois, Vichy s’inscrit dans un mouvement, car au même moment à Paris se crée le parc Montsouris, les Buttes-Chaumont, les bois de Boulogne et de Vincennes. Le parc Napoléon est orné de plantations autochtones (peupliers, frênes, marronniers, tilleuls…) et exotiques (catalpas, arbres de Judée…), de massifs floraux. Désor- mais 800 arbres diffusent leur ombre agréable. Au fil des ans, leur diversité a été renforcée avec des essences issues de tous les continents : cèdres, séquoias, chicots du Canada, érables. Ils émaillent les longues étendues de pelouses accessibles aux promeneurs, qui, aux beaux jours ne résistent pas au plaisir d’y pique-niquer.

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CINQ CHALETS POUR UN EMPEREUR

L’architecture spécifique de Vichy est remarquable également dans ce parc bordé de cinq villas. Construites entre 1861 et 1865, elles mêlent l’influence des chalets alpestres et des maisons coloniales. Dans ce cadre de verdure, Napoléon III et sa suite prenaient leur quartier d’été. Le premier chalet « Marie Louise », au n°109, boulevard des Etats-Unis, dispose de grands balcons sur la rue. Mais, dit on gêné par la population qui venait le saluer de façon incessante, l’empereur décide d’en faire construire deux autres. Mais, cette fois-ci, les balcons donnent sur le parc. Ainsi, peut-on voir côte à côte le chalet « de l’Empereur » et celui d’« Eugénie » plus particulièrement des- tiné à l’impératrice. Au 109 bis, logeait le ser- vice de sécurité de Napoléon III. Trois autres villas complètent cet alignement architectural : le chalet des « Roses », au n° 101 ; le chalet « Saint-Sauveur » au n°103 et la villa « Thérapia ». Celle-ci a été détruite lors de la construc- tion de l’actuel hôtel de luxe Les Célestins. Napoléon III veille toujours sur la cité thermale car, depuis 1995, une copie du buste de bronze créé par J.A Barre a été érigée sous un arbre.

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DES OMBRES DES ARBRES À LA PLAGE

Pour rejoindre le parc Kennedy, dans le prolongement du parc Napoléon III, il faut traverser le passage du pont sur l’Allier près du seul chalet des Suppliques qui subsiste. Son style néo-gothique est agrémenté d’une charpente débordante de style savoyard. A l’origine, son jumeau lui faisait face de l’autre côté de la route.

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Ces pavillons, construits en 1864 par l’ingénieur Radoult de la Fosse, abritaient la garde des chalets impériaux du parc Napoléon III. Ils recueillaient les suppliques adressées à l’empereur. Ils furent ensuite destinés aux agents de gardiennage du parc. L’un des deux fut détruit pour permettre l’élargissement de la chaussée. Aujourd’hui, l’unique rescapé, à l’extrémité du parc Napoléon III, inscrit aux Monuments historiques, sert de base à la location de « Rosalies » qui permettent de découvrir les parcs en pédalant en douceur et en famille.

Le parc Kennedy sinue le long du boulevard du même nom depuis 1867. Sa végétation se compose de 337 arbres : magnolia de Chine ; oranger des Osages, Chicot du Canada, Ginko Biloba, hêtre pourpre, cèdre bleu de l’Atlas, cèdre du Liban, etc. Cette étendue verdoyante est ornée aussi d’un buste, mais version féminine. Celui de Mme de Sévigné, réalisé par André Tajana en 1996. Il est ancré en face du pavillon du même nom où la légende voudrait qu’elle ait logé durant ses cures. Dans les années trente, les bords vaseux de la berge de l’Allier, en contrebas, se transforment en une plage longue de 35 m. Restaurée en 2007, et dénommée plage des Célestins, elle s’agré- mente d’une pataugeoire, de jets d’eau, de cabines de bains, d’un espace de natation sur- veillé durant l’été.

UN CHEMINEMENT EN BORDURE D’EAU

À intervalles réguliers, dans les deux parcs, des escaliers de bois permettent d’accéder à la rive droite du lac d’Allier en contrebas de la digue. Restaurée depuis 2014, la promenade ondule de la Rotonde à la plage des Célestins, jusqu’au jeu de boules. Ce parcours de 1,5 km, en bordure d’eau, recouvert de lattes de bois et par intermittence d’une allée sablonneuse, est foulé assidument par les marcheurs et les coureurs. De plus, très accessible aux familles, il dispose d’aires de jeux, (toboggans, tables de ping-pong, terrain de basket, parcours de fitness etc.), aires de pique-nique, mini-golfs. Transats et bancs de bois incitent les flâneurs à d’agréables pauses dans cet environnement paysager propice à la détente, à la lecture, où ne rien faire prend le sens de « buller buco- lique ». La berge est incrustée d’une végétation variée à floraison et feuillage diversifiés adap- tée au bord de rivière. Et les rêveurs, en quête d’intimité, s’installent souvent sur les pontons au dessus du lac d’Allier bercés par le clapo- tis. Sur les emmarchements, en contrebas du pont de Bellerive, on peut aussi contempler le ballet des équipes d’aviron ou des bateaux électriques.
Au fil de la balade, les terrasses, aux parasols colorés, de huit établissements (bars restau- rants, guinguettes) invitent à se désaltérer ou à se restaurer.

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