A la fin du XIXe siècle, 250 sources étaient recensées sur le bassin de Vichy. Les sources du Lys et du Dôme, à Abrest, et la source intermittente à Bellerive-sur-Allier sont les plus authentiques témoins de cette fièvre de l’eau qui s’empara de la Reine des villes d’eaux.

De la nature, l’homme ne sait rien. Il apprend intuitivement de ses erreurs. Et la première chose qu’il ait apprise, c’est que les sources thermales représentent une manne et qu’en forant non loin des émergences naturelles, on trouvait un nouveau filon. L’appât du gain étant sans limite, une fièvre de forage enflamma la région à la fin du XIXe siècle et plus de 250 sources obtinrent une autorisation d’exploitation. Mais comme les captages se multipliaient, la ressource naturelle allait en déclinant. Alors on comprit que toutes ces sources puisaient dans un même bassin hydrominéral. Et l’État, propriétaire des sources thermales de Vichy, se mit en devoir de les protéger en créant un périmètre de protection. Il s’étend aujourd’hui sur 15600 hectares, à cheval sur 2 départements.

Les sources du Lys et du Dôme, à Abrest 

Un petit matin d’hiver, quittant la D131 depuis Vichy, on s’engage à pied sur un chemin qui se transforme rapidement en allée bordée de grands platanes. Cette haie d’honneur qui nous accompagne témoigne d’une ancienne promenade tombée dans un relatif oubli. Le chemin s’enfonce dans la forêt, l’attente n’est pas longue et au débouché d’un faux-plat, deux champignons de vapeur d’eaux trahissent la présence des sources.

A gauche, dans son enclos octogonal, la source du Lys a avalé sa vasque dans de proéminentes concrétions calcaires. Elle bouillonne dans sa marmite une soupe tellurique de commencement de la Terre ou de fin du monde. De cette tambouille au fumet sulfureux ruissellent des dépôts d’oxyde ferrique orange fluo et des colonies de micro-algues vertes. A droite, protégée par un pavillon, sa sœur jumelle, la source du Dôme affiche fièrement son statut de deuxième source la plus chaude d’Auvergne après Chaudes-Aigues dans le Cantal) avec ses 66°.

LA SOURCE INTERMITTENTE, À BELLERIVE-SUR-ALLIER

Imaginez qu’en 1900, la source Intermittente propulsait son panache d’eau alcaline et sulfureuse à 6 mètres de hauteur, le spectacle était tel que l’entrée au parc de la Source était payant.

Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un geyser d’opérette, un intermittent du spectacle, presque incapable de troubler le flot impavide de la circulation automobile et le désintérêt teinté d’ignorance des piétons qui le croisent.

Et pourtant elle est aujourd’hui l’unique exemple de source jaillissant en dehors de toute enceinte close. Certes, elle se fait désirer, pourtant, lorsqu’on accepte de l’attendre, la source intermittente est toujours au rendez-vous. Alors, toutes les 50 minutes environ, elle jaillit à une cinquantaine de centimètres pendant 6 à 7 minutes.

Les sources en photos

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