Entre Vichy et le Montoncel, la tentation est grande de tracer la route. Celle qui suit le cours du Sichon, et emmène le visiteur de villages en villages, au cœur de la Montagne bourbonnaise. Un road trip sur deux roues pour une poignée de passionnés.

Le Sichon prend sa source à Lavoine, sur les pentes du puy de Montoncel dans les Bois Noirs, en Montagne bourbonnaise, pour venir se jeter dans l’Allier à Vichy, non loin de la Rotonde du lac. C’est là que se sont donnés rendez-vous une poignée de motards, passionnés de montures aussi hétéroclites qu’atypiques.

Pour Clothilde, Lucie, Yves, Sven, Pierre, Patrick et Michel, pas de japonaises taillées au scalpel pour la vitesse, mais plutôt des noms de légendes à deux roues : BMW, Ducati, Triumph, Husqvarna, Harley-Davidson, Moto Guzzi… oldtimers ou modèles mythiques revisités, pour un retour aux sources. Ou plus précisément à la source. Celle du Sichon, qui creuse son sillon entre prairies et gorges escarpées le long de la départementale 995. Au bout de la route, le Montoncel, point culminant de cette Montagne bourbonnaise, et tout au long de ce long ruban sinueux de bitume, quelques-uns de ses trésors cachés.itesse, mais plutôt des noms de légendes à deux roues : BMW, Ducati, Triumph, Husqvarna, Harley-Davidson, Moto Guzzi… oldtimers ou modèles mythiques revisités, pour un retour aux sources. Ou plus précisément à la source. Celle du Sichon, qui creuse son sillon entre prairies et gorges escarpées le long de la départementale 995. Au bout de la route, le Montoncel, point culminant de cette Montagne bourbonnaise, et tout au long de ce long ruban sinueux de bitume, quelques-uns de ses trésors cachés.

Le sichon

Laissant le Sichon et son embouchure sagement canalisés derrière elle, la troupe rejoint Cusset pour monter en direction des Grivats. A cet endroit le Sichon gonflé par  ses affluents a acquis toute sa puissance. Si bien qu’au XIXe siècle, l’endroit abritera de nombreux moulins, alimentant ainsi une meunerie et une industrie fleurissantes. C’est notamment ici, aux Grivats, dans une importante filature que l’on tissait la toile à carreaux Vichy. 

C’EST NOTAMMENT ICI, AUX GRIVATS, DANS UNE IMPORTANTE FILATURE QUE L’ON TISSAIT LA TOILE
À CARREAUX VICHY.

Quelques virages plus loin seulement, entre d’abruptes parois de granit, le Sichon a connu en d’autres temps de plus frivoles activités. De l’hôtel, du restaurant et du parc il ne reste aujourd’hui que quelques ruines aux allures poétiques, là où se retrouvaient à la Belle époque, les curistes en goguette au premier rang desquels Napoléon III. On y donnait bals et réceptions et l’on venait s’y encanailler, loin des mondanités de Vichy.

La route se poursuit en suivant scrupuleusement les méandres du Sichon. L’été venu il n’est pas rare d’y apercevoir quelques baigneurs venus prendre le frais. L’horizon s’élargit en prairies et sous-bois, la route re- prend une allure plus rectiligne et croise la D121 au Gué Chervais. En direction des Corres, la route a accueilli pendant de nom- breuses années une course de côte renommée. L’enfilade de ses courbes relévées et l’asphalte incroyablement impeccable pour une route un peu égarée au milieu de nulle part, té- moignent encore de ce glorieux passé.

Arrones

L’heure avance et il faut rejoindre la prochaine étape : Arronnes. Cette petite cité médiévale qui s’est développée autour d’un prieuré fondé par l’abbaye de Cluny au xie siècle est aujourd’hui tout aussi renomée pour son église que… pour son boulanger. Du pain cuit au feu de bois, des pâtisseries maison et si vous avez quelques minutes devant vous une petite visite guidée du fournil par le maitre des lieux passionné par son métier. Mais prudence, mieux vaut arriver tôt, car les « estivants » comme on dit ici, prennent d’assaut la boutique dès potron-minet ! Après une petite pause viennoiseries dans les jardins médiévaux il est temps de repartir.

Ferrières-sur-Sichon

Jusqu’à Ferrières, le Sichon essaime son lit de blocs de granit parfaitement arrondis. Il n’est pas rare d’y croiser un pêcheur en quête d’une truite fario, aussi sauvage que méfiante dans les eaux cristallines qu’elle affectionne.

La truite, c’est encore elle qui nous amène à Ferrières-sur-Sichon. Bien sûr le bourg, recèle quelques belles surprises comme son lavoir ou à quelques encablures, la grotte des Fées. Mais ce qui attire l’attention de cette équipée se cache au bout d’un chemin caillouteux qui dévale vers le Sichon. Là entre grands bacs rectilignes et allées de mélèzes, se niche la pisciculture de Ferrières. Un endroit un peu hors du temps où l’on vient capturer quelques truites, en famille, « pour faire plaisir aux gamins », ravis de pouvoir déguster leur prise sur place grâce aux barbecues mis à disposition des visiteurs.

Le rocher Saint-Vincent

Prochaine étape Lavoine. Nous laissons sur la route le rocher Saint-Vincent, un bloc de lave qui culmine à plus de 900 mètres et offre une vue panoramique sur toute la Montagne bourbonnaise. Composé de plusieurs rochers le lieu est un site d’escalade reconnu. Non loin la Pierre fendue est une véritable cu- riosité géologique.

L’horloge à billes

Mais pour l’heure c’est une autre curiosité qui amène le groupe à mettre pied à terre un arrêt insolite : l’horloge à billes et à eau de Lavoine. Insolite et rare puisque seule deux autres exemplaires existent au monde, à Munich et San-Francisco.

Midi approche, comme le terme de ce périple. La route serpente jusqu’au Montoncel. Cette petite station de ski nordique a de quoi séduire les adeptes d’authenticité. Bien sûr en ce mois de septembre pas de neige, mais en investissant la salle de l’Auberge de la source, pas de doute, l’ambiance est montagnarde. Et la cuisine réserve son lot de spécialités locales : pounti, brioche aux grattons, charcuterie, coq au vin, truite et bien sûr tarte aux myrtilles. La balade digestive sur les flancs du Montoncel ne sera pas un luxe…

Dix-huit heures, l’heure de prendre le chemin du retour. Tombés sous le charme d’Arronnes, le groupe improvise un dernier stop sur la terrasse de La Ritournelle. Une belle adresse là aussi, un cadre chaleureux et une cuisine simple mais raffinée. Le chef privilégie les producteurs locaux et les légumes de saison. Pas de doute, ce road trip en appelle un autre, car la Montagne bourbonnaise est vaste et pleine de surprises.


Revenir aux articles