La Reine des villes d’eaux ne s’est pas construite en un jour et ses sources ne sont pas nées de la dernière pluie. Si leurs vertus pour le traitement des affections articulaires et des troubles digestifs ont été bénéfiques à de nombreux curistes, leur flux bienfaisant a également influencé considérablement l’urbanisme ; grandement aidé en cela par la venue d’un illustre curiste : l’empereur Napoléon III.  Suivez ce parcours virtuel en 14 étapes entre hydrologie et histoire…

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Le quartier thermal

Quartier Thermal

Jadis appelé « Vichy-les-bains », le quartier thermal s’organise autour du Parc des sources, véritable promenade tranquille entre les sources. Le parc fut créé en 1812 par décret de Napoléon Ier, et ceinturé en 1900 d’une galerie couverte en fer forgé pour faciliter la déambulation des curistes entre les eaux qui émergeaient naturellement dans ce périmètre. Autour du parc se regroupent les composantes de la vie thermale : les établissements thermaux, les lieux de divertissements (casinos, cabarets, kiosques à musique…) et les hôtels construits dès le début du XIXe siècle.
C’est le plus ancien pôle de peuplement de la ville. L’antique cité « Aquis calidis » (les eaux chaudes) s’implanta autour des sources fertiles dès l’époque gallo-romaine.

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Le hall des sources

Le hall des Sources

Élevé autour du jaillissement de quatre sources (Chomel, Grande Grille, Lucas, Mesdames) en 1903, ce hall métallique est l’œuvre de l’architecte Charles Lecœur et du ferronnier d’art Emile Robert. Depuis 1971, les six sources présentes en cure de boisson sont regroupées sous le hall et des buvettes en libre-service remplacent les « donneuses d’eau ».
A l’emplacement de ce hall s’élevait au XVIIe siècle le « Logis du Roy », premier établissement thermal de la station, fréquenté par Madame de Sévigné.
Au début du XIXe siècle, un vaste établissement thermal remplaça le logis du Roy, dans lequel vint Napoléon III. Cet édifice fut détruit à la construction du hall.

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Le grand établissement thermal

Le Grand établissement thermal

Le grand établissement de bains de première classe, à l’architecture teintée d’orientalisme, fut créé par Charles Lecœur en 1903. Il s’étendait sur 3 hectares et regroupait un hall d’accueil et des cabines de soins, un service médical spécialisé, une salle de gymnastique et des services techniques, tel l’embouteillage des eaux. Deux peintures d’Alphonse Osbert, le bain et la source, ornent encore le hall d’entrée.
Modifié et réhabilité vers 1970 (hôtel, galerie commerçante), seule la partie arrière du bâtiment construite dans les années 30, abrite aujourd’hui un établissement thermal : les thermes Les Dômes.

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La galerie Napoléon III

Etablissement de bains de seconde classe, construit en 1858 par l’architecte britannique Charles Badger. Seuls les corps de bâtiments centraux de l’ancien établissement de style néo-classique ont été conservés.
A côté, rue Petit, se dressait l’Etablissement de troisième classe du XIXe siècle aujourd’hui détruit.

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La rue Alquié

La rue Alquié

Enfilade de maisons de style anglais construites à partir de 1863 par l’architecte Jean Lefaure, pour loger les officiers de la garde impériale qui accompagnaient Napoléon III lors de ses séjours à Vichy.

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Les chalets Napoléon III

Les châlets Napoléon III

Demeures privées de Napoléon III et de la suite impériale durant leurs séjours à Vichy, ces chalets d’inspiration coloniale, anglaise ou suisse furent construits à partir de 1862 par l’architecte Jean Lefaure en bordure du nouveau parc.
N° 109 : chalet de l’Empereur, Napoléon III y séjourna du 7 juillet au 5 août 1863
N° 107 : chalet de l’Empereur. Napoléon III y séjourna en 1864 et 1866. Un « N » et une couronne impériale sont visibles dans la ferronnerie de la porte d’entrée.

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Le parc Napoléon III

Le parc Napoléon III

Parc à l’anglaise de 13 hectares, créé dès 1861 par décision de Napoléon III, à l’emplacement d’un bras secondaire de l’Allier. Les travaux ont été menés par l’ingénieur Jean-François Radoult de Lafosse et les plantations exécutées par l’horticulteur moulinois Joseph Marie. Le parc possède environ 450 arbres plantés et 65 espèces provenant de différents continents.

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Le boulevard de Russie

Le boulevard de Russie

Boulevard bordé de villas édifiées entre le XIXe et la première moitié du XXe siècle et témoignant de l’éclectisme architectural de cette époque.

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La rue de Belgique

La rue de Belgique

Cette rue illustre la floraison de villas dans la ville d’eau entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, selon des styles et des références culturelles variées.

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Isaac Strauss (1806-1888)

Chef d’orchestre des bals de l’Opéra de Paris et de la cour impériale, Isaac Strauss arrive à Vichy en 1844 et dirige, avec gloire durant 20 ans, les salons de l’Etablissement thermal. Grâce à lui, Vichy acquiert une réputation de ville de plaisir qui s’affirmera au siècle suivant.
Sa maison de style néo-classique, fut édifiée par l’architecte Hugues Batillat en 1858 (4, rue de Belgique). Napoléon III y résida lors de ses premiers séjours à Vichy, en 1861 et 1862.

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Le chalet de la Compagnie fermière

En 1853, Arthur Callou et Stanislas Lebobe créent la société qui deviendra la Compagnie fermière de l’établissement thermal de Vichy. Elle obtient la concession d’exploitation des sources, propriétés de l’Etat. Contre une redevance annuelle, cette société peut profiter de l’exploitation des eaux mais s’engage à renouveler et améliorer les infrastructures thermales.
Dans ce chalet construit au XIXe se déroulèrent les fêtes de la Direction générale de la Compagnie fermière où les invités (artistes, journalistes, célébrités…) concourent à élaborer l’image de marque de Vichy, station à la mode. Au début du siècle, Vichy est rebaptisée la « Reine des villes d’eaux » où le « tout Paris » vient en villégiature. Le chalet accueille aujourd’hui un restaurant gastronomique.

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Le casino-théâtre

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Quatre cariatides (les quatre saisons) sculptées par Carrier-Belleuse scandent la façade du premier casino construit à Vichy. Cet édifice fut réalisé par l’architecte Charles Badger en 1865, à la demande de Napoléon III, et réunissait une salle de bal, un théâtre, des salons de jeux et de plaisance.
La notoriété de Vichy est telle qu’en 1900, l’architecte Charles Lecœur est chargé d’agrandir le bâtiment vers l’ouest : le grand théâtre Art Nouveau en est l’aboutissement avec ses 1 486 places. A travers cette salle, Vichy devient – de juin à septembre – la capitale d’été de la musique en France et reçoit en représentation tous les plus grands noms de la scène internationale. Dès la création du nouveau théâtre, le reste de l’édifice est consacré aux jeux de hasard. Aujourd’hui l’ensemble forme le Palais des congrès – Opéra.

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L’église Saint-Louis

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Parmi les rites de la cure figurent les offices religieux qui rythmaient le séjour du curiste. En 1865, Napoléon III entreprend la construction d’un nouvel édifice de culte, dédié à saint Louis au centre de la station thermale. L’édifice est réalisé par l’architecte Jean Lefaure dans un style néo-médiéval qui mêle des références à l’art roman auvergnat (plan général de l’église, mosaïques du fronton de façade), des emprunt au style roman bourguignon (pilastres, cannelés du transept) et enfin, un vocabulaire gothique (rosace de la façade). Les vitraux du chœur réalisés par le maître verrier Antoine Lusson, figurent la famille impériale à l’image des saints : sainte Eugénie, sainte Hortense et saint Napoléon apparaissent de part et d’autre du Christ. En 1914, Alphonse Osbert réalise une peinture murale pour orner le rond point du chœur sur le thème de la gloire de saint Louis.
L’église est directement reliée au parc des Sources par le passage couvert Giboin, dont l’architecture métallique fut réalisée en 1887 par l’architecte Antoine Percilly.

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Le kiosque à musique

Le kiosque à musique

Ce kiosque fut construit par l’architecte Charles Lecœur en 1902. Emile Robert réalise les chardons et les portées musicales en fer forgé des balustrades. Les sept kiosques à musique que comptait Vichy au début du siècle témoignaient de l’importance de la musique dans « la Reine des villes d’eaux ».